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Journée « écocitoyenne »: fleurs, insectes et diplomates

7 avril 2010 Aucun commentaire

le mardi 6 avril avait lieu en centre ville de Châteaurenard et en extérieur  la « journée commune » organisée par les diverses structures jeunesse, dont le thème était cette année l’environnement.

La ludothèque avait concocté pour cette occasion deux ateliers ludiques particuliers, l’un à partir de 7 ans et à vocation « scénique » , l’autre aux ambitions plus pédagogiques  destinés aux ados…

Guerre d’insectes transgéniques en pleine rue

Basé sur le « jeu de puce », Micromutant allie à la fois adresse et stratégie. Le principe : deux équipes d’insectes mutants se font face. Pour « capturer » un adversaire il suffit que son insecte ( une pastille en plastique) soit projetée sur l’armée voisine et en recouvre un membre.

le But ? capturer les bases de l’opposant.

Pour permettre aux joueurs de s’immerger encore davantage, un vrai jardin a été crée pour l’occasion en guise d’aire de jeu : pelouse synthétique et fleurs stylisées tout droit sorties d’un dessin animé en 3D.

On imagine parfaitement que 4 les jeunes état-majors se soient rapidement impliqués dans leur conflit microscopique. Les passants, eux aussi, ne manquaient pas de s’étonner…

Terra: je ne suis pas le jeu que vous croyez

L’autre jeu, Terra, est d’apparence tout aussi modeste, une petite boite de carte qui tient presque dans la poche. Qui plus est, son thème ( « sauver la planète ») et ses graphismes « gentillets » le rendent à priori bien moins attrayant pour les jeunes qu’un bon  jeu de confrontation. Et certains pourraient le trouver  carrément rebutant  par ses allures « éducatives » et politiquement correctes.

Pourtant, épuisé depuis 2004, année de sa parution, ce petit jeu de Bruno Faidutti, co-produit avec le concours de l’unicef, n’est pas du tout ce qu’il parait être.

Machiavel n’a qu’à bien se tenir

Il s’agit d’abord d’un vrai jeu, ou l’on tente de gagner !

Même si l’aspect collaboratif existe, il est dicté, comme dans la réalité, par la nécessité et l’intérêt : on ne collabore pas par altruisme mais bien dans son intérêt.

En effet, même si le but est de marquer le plus de points, il peut très bien n’y avoir aucun gagnants.  dans hypothèse ou  la planète est submergée par les crises écologiques, sociales et militaires. Tous les joueurs sont alors perdants.

Le jeu ne fait donc absolument pas appel à la morale, comme il est habituel dans le discours environnemental à destination des jeunes, mais bien à leur capacités d’arbitrage entre intérêt individuel et intérêt collectif…

Ainsi, sans s’en rendre compte les jeunes entament une carrière politique digne d’un machiavel.

« La parole est au représentant de la République Populaire de Chine »

La encore, malgré ses qualités intrinsèques, le jeu présentait un défaut pour l’immersion : il y avait peu de matériel à manipuler, et les péripéties politico-planétaires qui nous intéressent  restent un peu abstraites.

Pour permettre aux joueurs de s’impliquer, rien de tel que de leur proposer de se plonger dans la peau de négociateurs internationaux.

Pour cela, chacun incarne donc une puissance mondiale à la table d’une négociation, symbolisée par un drapeau et des pions correspondants, qui remplacent les pions de couleurs. Une carte du monde grand format remplace le tout petit plateau d’origine pour parachever l’adaptation.

Enfin, l’ainé des joueurs se voit attribuer la responsabilité de distribuer la parole dans les formes protocolaires. Autour de cette grande table, on se croirait au G7. Les passants, eux, s’arrêtent étonnés , observent et questionnent.

« L’Europe ? parce que c’est mon pays ! »

Tous ces petits ajouts sont prétextes, en introduction, à réviser sa géographie et à susciter des réactions. Et puis, obtenir le  drapeau de la puissance que l’on souhaite jouer, cela se mérite, surtout lorsqu’il y a beaucoup de demandes et qu’il faut trancher…

Population du Brésil ? Pays le plus peuplé ? Le plus riche ? Qui en est le président ?

Hormis certaines réponses prévisibles, heureusement pas si nombreuses, qui confondent  géographie et football, et malgré l’hégémonie de la « obamania », les jeunes s’en sortent extrêmement bien et qui plus est, certaines réactions faces aux drapeaux sont des plus intéressantes.p1000180

Ainsi, si l’Union Européenne (la France ne représentant pas une proportion de l’humanité suffisante pour être légitimement à elle seule représentée, ce qui permet au passage de faire intégrer aux joueur un ordre de grandeur, dans tous les sens du terme ) est rarement le premier choix, une réponse récurrente est aussi  surprenante que rassurante pour l’avenir.

A la question « pourquoi as tu choisi l’Europe ? » nombreux sont ceux, d’un groupe à l’autre, à avoir spontanément répondu, sur le mode de l’évidence  » parce que c’est mon pays ! »… suivi quelquefois d’un débat pour savoir s’il s’agit ou non d’un « pays ».

La sagesse populaire ne dit elle pas que la vérité sort de la bouche des enfants ?

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